208 De VINZELLES - Académie du Gaullisme

La Lettre du 18 JUIN Vingt- sixième année – n° 208 – juin 2018
                                   Dîners-débats de l’Académie du Gaullisme
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208 De VINZELLES

par Christian de CISTERNES
de VINZELLES
MAYOTTE, tout ce que l’on oublie de nous dire...

Mayotte : océan indien, canal du Mozambique, entre Madagascar et le sud-sud-est de l’Afrique, archipel des Comores, 101e département de la République française depuis mars 2011. Plus petit département d’outre-mer (376 km2), officiellement 256.518 habitants en 2017 (un rapport de la commission européenne évalue la population entre 350.000 et 400.000 habitants).

Mayotte est rongée par la pauvreté, l’insécurité et le désordre d’une grève générale qui perdure et semble incontrôlable. - 84 % de la population vit sous le seuil de pauvreté ; - 30 % de l’habitat est illégal ; - la moitié de ses habitants a moins de dixhuit ans ; - 3.000 mineurs sont sans parents (parents décédés ou expulsés). - 70 % de la population n’a aucune qualification. - un habitant sur trois n’a jamais été scolarisé.

Les Mahorais sont excédés par les arrivées régulières et clandestines de Comoriens Ces derniers arrivent en masse via par la mer dans des canots de fortune sur lesquels ils ont payé fort cher une place (entre 300 et 1.000 euros pour une traversée d’environ 70 km) à des passeurs sans foi ni loi. Cette immigration a complètement désorganisé la vie sur l’île entraînant une très grande insécurité et une hausse du coût de la vie (bien supérieur à celui de la Métropole). La conséquence est l’apparition de groupes de défense autoproclamés et d’une économie parallèle échappant à tout contrôle. L’insécurité due à la clandestinité et au manque de travail règne partout. A quotidien les Mahorais subissent vols, attaques à main armée, pillages, agressions violentes, vol à la tire, racket sur les routes, etc. Les jeunes clandestins, sans papiers et sans emploi, s’attaquent aux élèves des établissements scolaires. Les personnels des lycées ont exercé leur droit de retrait, suivis des conducteurs de bus (les « caillassages » de leur véhicule sont quotidiens). Les Comoriens sont désignés par les locaux comme étant les seuls responsables de cette situation insoutenable.

Cet état de fait a entraîné nombre de familles de Mahorais à quitter leur île pour celle de La Réunion. Le risque est grand de voir cette dernières déstabilisée par ces arrivées, n’oublions pas que le taux de chômage y est déjà de 23 %.
Selon les élus locaux, plus de 52 % de la population est en situation irrégulière.
Afin de se protéger, dans certaines parties de l’île, des habitants se sont organisés en groupe d’autodéfense. Ces sortes de « milices » organisent des rondes de nuit pour intercepter les passeurs, confisquer leurs embarcations et les conduire, ainsi que leurs passagers, à la gendarmerie. Ces derniers sont en général soit blessés, soit dans un piteux état de santé. Parmi eux beaucoup de femmes enceintes.
Nos « justiciers » ne se contentent pas d’intercepter des clandestins. Ils font, selon leur propre terme, du « décasage ». C’est-à-dire qu’ils expulsent les « sanspapiers » de leur bidonville aidés en cela par beaucoup de villageois excédés. Expulsion illégale d’une population illégale habitant une habitation illégale. Ajoutons à tout cela que certains quartiers de l’île sont contrôlés par des vendeurs de drogue à bas prix transforment les utilisateurs en zombies.

Les questions qui viennent immédiatement à l’esprit sont « Que font les autorités ? », Que fait la police ? ». Les moyens de lutte mis en œuvre sont à l’image de ceux du désordre qui règne dans le département : manque de moyens financiers, matériels et humains. Peu de personnels formés aux violences urbaines et à la lutte contre les trafiquants de stupéfiants, manques de moyens logistiques, manque de moyens financiers pour entretenir bateaux et véhicules, etc.

La raison la plus importante de cet « envahissement » est qu’accoucher à Mayotte est un but en soi. Avec un taux supérieur à 35 %, la maternité de Mayotte est devenue la première d’Europe : 10.000 enfants nés en 2017. Selon une sage-femme, « il naît chaque jour vingt-huit enfants, soit l’équivalent d’une classe d’école primaire » Dans ce département de la République française, la scolarité des jeunes enfants ne semble pas une obligation observée et réprouvée s’il y a manquement. 42 % de la population est illettrée. Le récent voyage de Mme Annick Girardin, ministre des Outre-mer, amènera-t-il une amélioration de la situation ? « La question de la sécurité étant prise très au sérieux par le gouvernement » a-t-elle déclaré. Mme le Ministre, le problème de la sécurité est lié à l’arrivée clandestine des Comoriens et là comme ailleurs il faut appliquer les lois de la République comme dans n’importe quel département français. Par ailleurs le problème de la maternité (il se pose aussi en Guyane) doit être réglé par une loi d’exception, quant à l’attribution de la nationalité française, à appliquer à ces deux départements. Les habitants confrontés depuis des mois à ces problèmes attendent de M. Emmanuel Macron des décisions claires et définitives. Si elles ne sont pas rapidement prises, la situation deviendra incontrôlable et aura des conséquences sur l’île de La Réunion.

© 10.06.2018



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